Au tout début, l’internet a été conçu pour relier quelques centres de recherches. Mais comment passer de quelques machines à plus de 700 millions d’internautes aujourd’hui ?
technos et usages n°5 - Internet en milieu rural
Plutôt que de construire un réseau aussi vaste, la solution a consisté à utiliser le réseau téléphonique qui reliait déjà un grand nombre de personnes. Mais cette astuce a quelques inconvénients pour ceux qui accèdent à l’internet non pas par un réseau informatique mais par le réseau téléphonique, lui même relié ensuite à l’internet :
- Premièrement, il faut se connecter en début d’utilisation et se déconnecter ensuite comme lors d’un appel téléphonique alors qu’un réseau informatique classique est disponible a tout moment.
- Deuxièmement, le réseau téléphonique est prévu pour faire passer de la voix. Son débit est limité lorsqu’il s’agit de transporter des données à quelques dizaines de milliers d’unité d’information par secondes. On parle de bits par secondes. Les réseaux informatiques pour leur part proposent plutôt des débits au minimum de quelques millions d’unités d’information par seconde. On parle alors de bas débit et de haut débit.
Pour sortir de cela, il faut construire un réseau adapté aux données qui soit au moins aussi grand que le réseau téléphonique actuel. La première idée à consisté à doper le réseau téléphonique pour passer sur des fréquences différentes de celles du téléphone. C’est le cas par exemple avec l’ADSL. Depuis, de nombreuses technologies alternatives existent et permettent de mettre en place un réseau à un coût pas trop prohibitif : l’internet passe également par le satellite, le courant électrique ou encore les réseaux sans fils comme le WiMax dont nous avons parlé ici.
Les opérateurs ont mis en place des réseaux verticaux qui partent des réseaux internationaux pour descendre jusqu’à chez nous… lorsque c’est rentable pour eux. Le plus cher est toujours ce qu’ils appellent le dernier kilomètre, celui qui leur permet de nous atteindre.
Mais ce que les opérateurs appellent le dernier kilomètre, c’est pour nous le premier kilomètre ! Le premier kilomètre autour de chez nous.
C’est dans cette logique que les collectivités territoriales sont en train de développer leur propre réseaux. Cette fois l’architecture n’est plus verticale (de tout en haut jusqu’au plus bas possible près de chez nous), mais horizontale : les communes et les communautés de communes font leur réseaux lorsque c’est nécessaire, si ce n’est pas suffisant les départements font des réseaux départementaux et les régions des réseaux régionaux. Tous ces réseaux s’interconnectent ensuite avec les opérateurs qui leur ouvrent les portes de l’internet mondial. Grâce à cette approche niveau par niveau en partant du bas, le vide peut se combler et nous pouvons non seulement accéder à l’internet en milieu rural mais même choisir notre fournisseur d’accès pour aller au-delà de ces réseaux territoriaux, au-delà de nos premiers kilomètres.
Finalement, pour permettre à tous d’accéder à l’internet à haut débit, la question n’est pas tant celle des technologies, mais plutôt le choix de l’architecture. Réseaux Verticaux des opérateurs, réseaux horizontaux des collectivités, et les territoires seront bien maillés !
Pour en savoir plus
- Le blog sur les technologies alternatives de la Fondation Internet Nouvelle Génération
- Quelques transparents sur les notions d’architecture présentés lors de la journée sur les technos alternatives (powerpoint)
